Nino Ferrer
Barberine
Elle dort profondément
Et je suis allongé près d'elle
Et la machine à laver la vaisselle
Travaille dans la cuisine avec un bruit
Régulier de train de nuit

Les changements de rythme dus aux différentes phases du programme de lavage
Sont comme des passages de tunnels ou de viaducs
Et parfois un aiguillage
Provoque un claquement qui se répercute
À chaque boggie et trouble pendant
Un instant
La paisible respiration de cette jeune fille qui ressemble à un train
Et que je regarde dormir à travers la nuit

En fait Barberine est un être tout à fait imaginaire
Et toute ressemblance avec des personnages existants
Serait absolument fortuite et miraculeuse
C'est pourquoi je n'ai pas de scrupules à la raconter
Comme elle est
Elle m'a d'ailleurs autorisé à le faire
Et ne m'a rien caché de ses vices
Et de ses fantasmes
Et de ses aventures
Et de ses expériences
Mais je n'ai jamais pu pénétrer dans son jardin secret
Et parfumé de tubéreuses
Bof !