Ziqui
Lettre à Théo
Cher Théo
Ton ramène à une période très sombre
Ton rappelle qu'on juge l'Homme à ses trésors
Pourtant ton nom rappelle le synonyme grec du Très Haut

Ton cas a déclenché de nombreuses prières
A réuni Bonobo Bobo et ouvriers
Les lecteurs de Seba, Ramadan et Maupassant
Malgré les désaccords présents, parfois la morale rassemble

Tu représentes un phénomène de société
Qui semble éternel
Les premiers faisant stagner les derniers
Ce qui permet au rappeur conscient de travailler de nouveaux CD

Tant qu'la justice n'est point exempt d'iniquité
Elle qui affirme qu'avec Homme rime Dignité
Dans ce chaos la paix peine à prendre les rennes
Tous la rejettent j'la vois en bas des bâtiments errer

Je prie tout de même, Théo que tu l'accueilles
Même si dans ton cœur la soif de vengeance progresse
Que ton vin soit encore plus aqueux
Car la rancune rend omniprésent les oppresseurs

Rien ne vaut le pardon comme réponse
Mais la matraque pleine de sang dur de passer l'éponge
Pardonnons-les, même s'ils savent ce qu'ils font
Tirons une croix, le pacifique apaise les typhons

Je n'osais vraiment pas quoi faire
J'aimerais juste que tes souffrances soient mon affaire
Mais même mes faibles mots, pourraient ne rien t'apporter
J'prie pour te bénir sans prendre en compte les vues et la portée

Mené à l'abattoir sans l'avoir demandé
Même pour de la Street cred très peu aurait quémandé
Ce genre de traitement Adamique
T'es adversaires ont confondu Macadam et Tatami

Tant sont alarmés, car rien n'réveille ces soit-disant justes
Qui font taire leur compassion, de marbre face aux enjeus
Quand le peuple reprend Orelsan et crie que la fête est finie
Ils parlent à nouveau de changement en prenant un autre vinyle

J'refuse de croire en eux, ni en l'Homme, j'crois en Dieu
Tu me diras : comme toutes les peaux mates de banlieue
J'crois en son Fils, qui a vécu l'sujet de nos manifs
Qui furent comme de la poudre pour les frères souffrant d'pyromanie

Je n'suis qu'un messager fidèle pour ceux qu'on opprime
THÉO regarde le ciel, mieux que jamais tu serais compris
Ça nous rapproche de l'essentiel, loin d'cette chasse aux trophées
L'on voit qu'le plus important n'est pas d'voir ces chtars finir coffrés

Car les assises empêchent à la justice de s'lever
Elle voit ceux qui protestent comme les plus désireux de crever
La vérité éclatera sûrement ailleurs qu'ici bas
La terre est sous surveillance, Dieu voit c'qui s'y passe

Le but n'est pas qu'les coups soient rendus
Brûler poubelles et caisses ne fait qu'embraser notre rancune
Théo en ton nom, les frères sèment la terreur
Avec une énergie manifestant leur mort intérieur

Pardonne Théo, pardonne, le Très Haut te l'ordonne
Même si de nos jours ses ordres sont jugés borders
Pardonne car il pardonne les pêcheurs que nous sommes
La miséricorde est faite pour être transmise aux Hommes